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Charge mentale: comment savoir qu’on en fait trop?

La charge mentale ne se voit pas.

On peut continuer à préparer les repas, gérer les rendez-vous, travailler, répondre aux enfants, penser aux papiers, faire tourner la maison… et donner l’impression que tout va bien.

Pourtant, à l’intérieur, on peut commencer à saturer.

Je l’ai vécu moi aussi. Je ne saurais pas dire à quel moment précis j’ai compris que c’était devenu trop, mais je me souviens très bien de cette sensation : être fatiguée de devoir penser à tout pour tout le monde.

Et parfois, il suffisait que quelqu’un me demande quelque chose pendant que j’étais déjà occupée pour que j’aie envie de tout envoyer balader.

Avec le recul, il y avait plusieurs signes que ma charge mentale était devenue trop importante.

1. Je devenais beaucoup plus irritable

Chez moi, c’est probablement le signe le plus évident.

Quand je suis trop chargée mentalement, j’ai beaucoup moins de patience.

Une demande des enfants, quelque chose qui traîne, une petite contrariété qui ne m’aurait normalement pas dérangée… peut devenir beaucoup plus difficile à supporter.

Et ce n’est pas forcément parce que ce qui se passe est grave.

C’est simplement que le cerveau est déjà plein.

Quand on pense en même temps aux rendez-vous, au repas du soir, à un papier à envoyer, au travail, au linge et à ce qu’il faut acheter, la moindre demande supplémentaire peut donner l’impression d’être celle de trop.

2. Je commençais à oublier des choses

Quand on essaie de tout garder dans sa tête, il arrive forcément un moment où quelque chose nous échappe.

Un rendez-vous.

Une démarche.

Quelque chose à acheter.

Une information donnée par l’école.

Cela peut sembler paradoxal : on pense constamment à tout… et pourtant on oublie davantage.

Pour moi, ces oublis sont justement devenus un signal : j’avais trop de choses à gérer mentalement en même temps.

3. J’avais l’impression de devoir tout porter seule

Ce n’était pas seulement le fait de faire les choses.

C’était surtout de devoir y penser.

Penser aux rendez-vous de tout le monde.

Penser aux papiers administratifs.

Penser au ménage.

Penser aux enfants.

Penser au travail.

Penser au prochain repas.

Même lorsqu’une autre personne réalise finalement une tâche, il arrive que ce soit encore nous qui ayons dû penser à dire qu’elle devait être faite.

Et cette partie invisible de l’organisation peut être extrêmement fatigante.

4. Je n’avais jamais vraiment l’impression d’avoir terminé

Une tâche se termine et une autre arrive.

Les courses sont faites, mais il faut penser au prochain repas.

Le ménage est terminé, mais quelqu’un ressort quelque chose.

Un rendez-vous est pris, mais il faut penser au prochain.

La difficulté avec la charge mentale, c’est justement qu’elle ne concerne pas uniquement ce que l’on fait maintenant.

Elle concerne aussi tout ce que l’on doit anticiper.

Être à la maison ne signifie pas devoir tout faire

Je trouve ce point particulièrement important.

Quand une personne du couple travaille davantage à l’extérieur, on peut facilement se dire :

« Puisque je suis davantage à la maison, c’est à moi de m’occuper du reste. »

Et cette pression peut exister que l’on travaille ou non.

Mais être à la maison ne signifie pas être disponible en permanence pour prendre en charge toute la maison et toute la famille.

Et travailler de la maison reste travailler.

Je peux être physiquement chez moi et ne pas être disponible pour ranger, nettoyer, faire les courses ou régler les démarches de tout le monde.

Et même lorsqu’on ne travaille pas, cela ne veut pas dire que l’on doit absolument tout assumer seule.

J’apprends surtout à déléguer

Je ne dirais pas que j’ai appris à accepter que tout soit « moins bien fait ».

Ce n’est pas vraiment mon fonctionnement.

En revanche, j’ai appris progressivement quelque chose de beaucoup plus important pour moi : déléguer.

Aujourd’hui, plusieurs choses m’aident concrètement à alléger mon quotidien.

Automatiser ce qui peut l’être

Chez nous, certaines tâches n’ont tout simplement plus besoin d’occuper autant de place dans ma tête.

Nous avons par exemple :

  • une litière automatique ;
  • un distributeur de croquettes ;
  • les croquettes commandées par abonnement ;
  • un robot aspirateur-serpillière.

Ce sont de petites décisions en moins et de petites tâches qui ne reposent plus entièrement sur moi.

Et quand on les additionne, cela fait une vraie différence.

Déléguer le ménage sans déléguer toute la vie de la maison

Nous avons également une femme de ménage.

Mais j’ai fait un choix très clair : elle nettoie, elle ne range pas.

Pourquoi ?

Parce que je ne veux pas que déléguer signifie apprendre aux enfants que quelqu’un passera toujours derrière eux.

Ranger sa chambre, remettre ses affaires à leur place ou participer à certaines petites tâches fait aussi partie de l’apprentissage de la vie quotidienne.

Pour moi, alléger ma charge mentale ne veut donc pas dire tout faire faire par quelqu’un d’autre.

Cela veut dire choisir ce que j’ai réellement besoin de porter moi-même.

Simplifier les repas et les courses

L’organisation des repas a également énormément changé les choses.

Pour certains déjeuners à deux, nous utilisons HelloFresh.

Je prépare également mes menus avant les courses et j’utilise beaucoup le drive.

Le drive me permet de suivre ma liste beaucoup plus facilement et d’éviter les achats imprévus.

Et surtout, savoir à l’avance ce que nous allons manger supprime une question qui revenait autrefois tous les jours :

« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »

Sortir les choses de ma tête grâce au planning familial

L’une des choses qui m’aide le plus est finalement très simple : ne plus essayer de tout retenir mentalement.

Le planning familial me permet de poser noir sur blanc les rendez-vous, les obligations, les repas et ce qui doit être fait.

Une fois que l’information est quelque part, je n’ai plus besoin de me répéter mentalement :

« N’oublie pas ça. Pense à ça. Il faut faire ça jeudi. »

Et les enfants peuvent aussi participer

Faire participer les enfants n’est pas seulement une façon de nous soulager.

C’est aussi leur apprendre progressivement à devenir autonomes.

Ranger leurs affaires, participer à quelques tâches adaptées à leur âge, préparer certaines choses…

Cela leur apprend que la maison appartient à toute la famille et que son fonctionnement ne repose pas sur une seule personne.

Arrêter de se comparer à ce que l’on voit chez les autres

Il y a aussi cette pensée :

« Les autres y arrivent, alors pourquoi pas moi ? »

Mais en réalité, nous n’en savons rien.

Cette personne qui semble tout gérer est peut-être beaucoup plus aidée que nous.

Elle a peut-être une femme de ménage et n’en parle jamais.

Elle a peut-être trouvé une organisation qui fonctionne particulièrement bien chez elle.

Ou elle traverse peut-être elle aussi des moments très difficiles que personne ne voit.

Nous voyons rarement l’intégralité du quotidien des autres.

Alors utiliser l’apparence de leur vie comme mesure de notre propre réussite n’a pas vraiment de sens.

Commencer par enlever une seule chose

Quand la charge mentale devient trop importante, je ne pense pas qu’il faille forcément révolutionner toute son organisation du jour au lendemain.

On peut commencer beaucoup plus simplement.

Se demander :

Qu’est-ce qui prend beaucoup de place dans ma tête aujourd’hui et que je pourrais simplifier, automatiser, écrire ou déléguer ?

Une seule chose.

Peut-être faire les courses au drive.

Créer un planning.

Demander aux enfants de ranger leurs affaires.

Mettre en place un abonnement pour un produit que l’on rachète constamment.

Partager une démarche administrative.

Déléguer une partie du ménage.

Puis observer ce que cela change.

Parce qu’alléger sa charge mentale ne consiste pas forcément à devenir encore plus organisée.

Parfois, il s’agit surtout d’accepter que tout ne soit pas obligatoirement à nous de le faire, de le prévoir et d’y penser.

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