Pourquoi vouloir tout faire soi-même finit par nous épuiser

Pendant longtemps, j’ai eu tendance à préférer faire les choses moi-même.

Pas forcément parce que personne ne pouvait m’aider.

Mais parce que j’avais une idée très précise de la façon dont les choses devaient être faites.

Et quand quelqu’un faisait différemment, j’avais facilement tendance à considérer que c’était… mal fait.

Il y avait aussi une autre raison beaucoup plus simple : faire soi-même va parfois plus vite.

Demander à un enfant de ranger quelque chose peut prendre dix minutes alors qu’en trente secondes, on pourrait le faire à sa place.

Alors on range.

On prépare.

On organise.

On anticipe.

Et petit à petit, on finit par devenir la personne qui fait tout… tout en se demandant pourquoi personne ne prend spontanément le relais.

Quand “je vais le faire moi-même” devient une habitude

Sur le moment, faire soi-même semble souvent plus facile.

Pas besoin d’expliquer.

Pas besoin d’attendre.

Pas besoin de vérifier.

Mais il y a un problème : si nous faisons systématiquement les choses à la place des autres, nous leur apprenons aussi qu’ils n’ont pas besoin de s’en occuper.

Et nous finissons par accumuler de plus en plus de responsabilités.

C’est un cercle assez facile à créer.

On pense :

“Ce sera plus rapide si je le fais.”

Puis quelques mois ou quelques années plus tard :

“Pourquoi est-ce que je dois toujours tout faire ?”

J’ai longtemps eu besoin que les choses soient faites “comme moi”

C’est probablement l’une des choses qui m’a demandé le plus de travail.

Je voulais que certaines tâches soient faites comme je les aurais faites moi-même.

Sinon, j’avais l’impression que le résultat n’était pas suffisamment bien.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de facilité à me dire :

Est-ce que c’est propre ? Est-ce que c’est efficace ? Alors c’est bon.

Même si la personne n’a pas utilisé exactement ma méthode.

C’est une petite différence de façon de penser, mais elle change énormément de choses.

Déléguer implique aussi d’accepter que notre façon de faire n’est pas forcément la seule bonne façon.

Il y a quand même des choses que je garde pour moi

Déléguer ne signifie pas forcément tout lâcher.

Il y a encore des choses que je préfère gérer moi-même.

Par exemple, lorsque nous partons, je préfère préparer la valise.

Je continue également à gérer les rendez-vous médicaux des enfants.

Ce sont des responsabilités que, pour le moment, je préfère garder.

Et je pense que c’est justement important : déléguer ne veut pas dire répartir absolument toutes les tâches de manière mathématique.

L’idée est plutôt de regarder l’ensemble et de vérifier qu’une seule personne ne porte pas tout.

“Si je ne le fais pas, personne ne va le faire”

Je connais très bien cette pensée.

Il m’arrive de voir quelque chose qui doit être fait, de décider volontairement de ne pas m’en occuper immédiatement… et de constater que rien ne bouge.

Alors que tout le monde passe devant.

Tout le monde le voit.

Et forcément, la petite voix revient :

“Tu vois ? Si tu ne le fais pas, personne ne le fera.”

Mais si je finis systématiquement par céder et le faire moi-même, rien ne peut réellement changer.

Il faut parfois accepter que les habitudes prennent du temps à évoluer.

Mes enfants doivent aussi apprendre à prendre leurs responsabilités

C’est une des principales raisons pour lesquelles j’ai commencé à davantage déléguer.

Je ne veux pas simplement me débarrasser des tâches qui m’ennuient.

Je veux aussi que mes enfants apprennent progressivement comment fonctionne une maison.

Ranger leur chambre.

Ranger leurs affaires.

Vider le lave-vaisselle.

Participer à certaines tâches adaptées à leur âge.

Sortir le chien.

Ce ne sont pas uniquement des tâches que je n’ai plus à faire.

Ce sont des apprentissages.

Parce qu’un jour, ils vivront peut-être seuls, en couple ou avec leur propre famille.

Et je trouve important qu’ils sachent qu’une maison ne fonctionne pas toute seule.

Toute la famille profite de la maison

Je trouve cette idée essentielle.

Ce n’est pas à une personne de gérer tout le monde.

Tous les membres de la famille vivent dans la maison.

Tout le monde utilise la cuisine.

Tout le monde utilise la salle de bain.

Tout le monde mange.

Tout le monde produit du linge.

Tout le monde laisse parfois traîner quelque chose.

Il est donc logique que chacun participe, évidemment selon son âge et ses capacités.

Il ne s’agit pas de transformer les enfants en employés de maison.

Il s’agit simplement de leur faire comprendre qu’ils font partie d’un foyer et qu’ils peuvent contribuer à son fonctionnement.

Travailler de chez soi ne veut pas dire être disponible pour tout faire

C’est également quelque chose que j’ai dû apprendre.

Aujourd’hui, je travaille de chez moi.

Et quand on est physiquement présent à la maison, il peut être très facile de penser :

“Je vais lancer une machine.”

Puis :

“Je vais ranger rapidement ça.”

Puis :

“Je vais nettoyer ça pendant que j’y suis.”

Et finalement, à la fin de la journée, beaucoup de choses ont été faites dans la maison… mais le travail qui devait réellement générer du revenu n’a pas avancé.

J’ai donc dû commencer à regarder mon temps différemment.

Une heure passée à accomplir une tâche qui pourrait être automatisée, déléguée ou faite par quelqu’un d’autre est aussi une heure pendant laquelle je ne travaille pas sur mes projets.

Travailler de chez soi reste travailler.

Aujourd’hui, je délègue beaucoup plus

Petit à petit, j’ai mis plusieurs choses en place.

Les enfants participent davantage.

Une femme de ménage vient une fois par semaine pour le nettoyage en profondeur.

Mon robot aspirateur-laveur fonctionne quotidiennement.

La litière des chats est automatisée.

Le distributeur de croquettes l’est également.

Certains achats récurrents fonctionnent par abonnement.

J’utilise aussi le drive pour les courses.

Aucune de ces choses ne révolutionne le quotidien à elle seule.

Mais additionnées, elles enlèvent énormément de petites tâches.

Avant de déléguer, il faut aussi réussir à parler

Parfois, le problème n’est pas que les autres refusent d’aider.

C’est simplement qu’ils ne savent pas à quel point on est arrivé à saturation.

Dans un couple ou une famille, je trouve important de pouvoir dire :

“Là, je n’y arrive plus.”

“J’ai besoin que tu prennes ça en charge.”

“Je suis fatiguée de devoir penser à tout.”

On peut parfois espérer que les autres voient naturellement que l’on coule.

Mais ce n’est pas toujours le cas.

Exprimer ce que l’on ressent permet aux autres de comprendre la situation et de prendre leur part.

Déléguer peut aussi vouloir dire utiliser des machines

On pense souvent que déléguer signifie forcément demander à une autre personne.

Pas forcément.

Un appareil peut prendre en charge une tâche répétitive.

Chez moi, le robot aspirateur-laveur est probablement l’un des meilleurs exemples.

Au lieu de passer l’aspirateur quotidiennement, je peux travailler pendant qu’il le fait.

Même chose pour certains équipements liés aux animaux.

Il ne s’agit pas de remplir la maison de gadgets.

Mais lorsqu’un appareil permet de supprimer une tâche répétitive qui revient constamment, je trouve intéressant de se demander :

Combien de temps va-t-il réellement me rendre chaque semaine ?

Et quand on peut se le permettre, demander de l’aide extérieure

Il y a également des tâches qu’une machine ne peut pas vraiment remplacer.

Dans ce cas, selon ses moyens, on peut éventuellement faire appel à quelqu’un.

Une aide ménagère, par exemple.

Je sais que cela peut encore provoquer une forme de culpabilité :

“Je devrais pouvoir faire mon ménage moi-même.”

Mais pourquoi ?

Si cette aide permet de récupérer plusieurs heures, de travailler, de profiter davantage de sa famille ou simplement de souffler, elle peut avoir énormément de valeur.

L’aide extérieure n’est pas forcément un luxe inutile.

Elle peut aussi être un choix d’organisation.

Commencer à déléguer sans tout bouleverser

Si vous avez l’habitude de tout gérer, inutile de décider demain matin que vous ne ferez plus rien.

Commencez par une seule tâche.

Demandez-vous :

Qui pourrait faire ça à ma place ?

Cela peut être :

  • un enfant ;
  • votre conjoint ;
  • un robot ;
  • une livraison ;
  • un service extérieur ;
  • ou simplement une organisation automatique.

Puis laissez réellement cette tâche à cette personne ou à ce système.

Sans la refaire derrière.

C’est probablement la partie la plus difficile.

Et si ce n’est pas fait exactement comme je l’aurais fait ?

C’est là que j’utilise maintenant un critère beaucoup plus simple :

Est-ce que le résultat est propre et efficace ?

Oui ?

Alors c’est suffisant.

Peut-être que les serviettes ne sont pas pliées exactement comme je l’aurais fait.

Peut-être que les objets ne sont pas rangés exactement dans l’ordre que j’aurais choisi.

Mais si tout fonctionne, pourquoi reprendre la tâche ?

Déléguer puis repasser systématiquement derrière la personne, ce n’est finalement pas vraiment déléguer.

Il faut parfois arrêter de chercher comment réussir à tout faire

Quand on est débordée, notre premier réflexe est souvent :

“Comment puis-je mieux m’organiser pour réussir à tout faire ?”

Mais aujourd’hui, je trouve qu’il existe une autre question encore plus importante :

“Qu’est-ce que je n’ai plus besoin de faire moi-même ?”

Parce que l’objectif n’est pas forcément d’être capable d’en faire toujours davantage.

Parfois, la vraie solution est simplement d’avoir moins de choses à porter.

Et apprendre à déléguer fait partie de cette solution.

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